L’effet « mange, prie, aime »

Oui, je ressors d’une looongue période d’hibernation (déjà, me diriez-vous), provoquée par une surdose de travail et de projets en tout genre. Mais maintenant, je suis libre (ou du moins, plus libre). Et j’ai eu l’occasion de constater des tas et des tas de trucs. Notamment sur notre quotidien.

Comme tout le monde, vous vous réveillez tous les matins, vous allez travailler et vous rentrez dans votre appartement le soir, pour rejoindre votre chat/chéri/mari+enfants (au choix). Un quotidien plutôt harrassant mais il faut penser à la carotte qui arrive à la fin du mois et qui nous permet de réaliser « nos projets invisibles du futur ». (et pour les étudiants, dont moi, il faut penser à la carotte future).

Mais vous êtes-vous déjà demandé si tout ce que vous faîtes, c’est un peu de la daube royale ?
Je ne m’étais jamais posée sérieusement cette question jusqu’à ce que je voie le film Mange Prie Aime, de Ryan Murphy (2010, avec Julia Roberts). Je trouve personnellement que c’est un film plutôt ennuyeux, avec quelques longueurs, et Julia Roberts est particulièrement irritable à vouloir verser une larme toutes les dix minutes. Ca fait neuneu rampanplan. Toutefois, et c’est bien la première fois que ça m’arrive, malgré que le film ait presque réussi à m’endormir, j’ai eu une crise de reflection à la fin. Lise, le personnage principal, en a ras la cacahuète de sa vie à New York, elle divorce une première fois, trouve un petit ami sexy ensuite (James Franco, s’il vous plaît) et le quitte, on ne sait pas trop pourquoi, pour voyager. Elle part donc manger en Italie, prier en Inde et trouve l’amour en Indonésie. D’où le titre Mange prie aime (les prod qui ne se sont pas trop cassés la tête, en passant). A la fin du film, j’ai eu une illumination, et c’est peut être pour ça que malgré toutes ses lacunes, c’est un bon film. J’ai interprété le message principal du film comme « Aimez-vous et vous aurez toute l’équilibre que vous recherchez ». Cela voulait dire que la quête de la vie parfaite, c’est accepter que c’est d’abord soi-même l’essence d’une existence réussie et que ce ne sont pas les choses matérielles qui nous choisissent (maison, boulot…), mais bien nous, qui les choisissons. J’en ai donc conclu que notre bonheur, on pouvait choisir de le vivre autrement que cette vie monotone qu’on s’impose tous.

Le film Mange Prie Aime met l’accent sur toutes les richesses qu’il y a sur la planète. Il y a toutes sortes de cultures, sur Terre, qui possèdent toutes leurs secrets et spécificités. Plutôt que de vivre et mourir dans la nôtre, pourquoi ne pas vivre toutes ces autres cultures ? Je me disais que ça pouvait vraiment génial de tout abandonner et de partir quelques années à l’étranger, le temps de se retrouver. Mais pas à un seul endroit connu et glamour genre New York, sinon ça reviendrait au même, mais faire un vrai road trip en Afrique, Amérique Latine ou Asie du Sud Est. Ce serait l’occasion de voir des paysages de fou, de rencontrer des gens tellement différents de nous, mais aussi de se dire « j’ai fait quelque chose de ma vie ». Et à la fin du voyage, on serait définitivement tranformé.

Bref, vous l’aurez compris, vivre une telle expérience, ça ne se rate pas. Mais je me demande quant à la bonne réalisation de ce projet. Il me fait penser à Utopia de Thomas Moore, qui propose un univers génialissime…mais uniquement pour l’élite de la nation. Et se projeter dans un projet « Road Trip de plusieurs années », c’est dans le même genre, ce n’est pas donné à toutes les bourses, ni toutes les couches sociales. Il faut déjà avoir un bon budget conséquent, qui puisse soutenir toutes les dépenses primaires, telles que le logement, les moyens de transport pour aller d’un pays à un autre (haha, ça me fait penser à Pekin Express, tout ça). Evidemment, il y a le choix de travailler sur place. Et là encore, quel genre de travail ? Trouver un job pour un lieu dénué de tout sens spirituel (ex : standardiste dans un hôtel de luxe), ça serait pas un peu inutile quant à toute cette quête ?  Donc, voilà, l’argent est plus que nécessaire pour que ça marche, mais pas que. Il faut aussi une certaine ouverture d’esprit car on découvrirait plusieurs mondes. Et souvent, sans tomber dans l’amalgame, l’ouverture d’esprit, ça s’apprend et ça s’entretient. Et souvent, toutes les familles n’ont pas la capacité ou les ressources financières nécessaires pour apprendre à leurs enfants qu’il y a autre chose dans le monde, que le café-bistrot du quartier. Là, encore, Thomas Moore joue fort.

Bon, alors, vous vous dîtes sûrement que l’accomplissement de soi, c’est possible que quand on est riche, ou presque. Et moi, je vous dirais que vous avez encore tort. Même si on est dans le genre super fauché, et qu’on ne peut même pas se payer un Paris-Bali à 1300 euros, je pense que le fait de cultiver son esprit et de réfléchir sur soi-même, sur notre chance d’être là, ce serait déjà une alternative à l’accomplissement personnel.

crédits photo : europe1.fr,

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