First love : yay or nay ?

J’ai entendu à la radio la cultissime-for-the-very-young-people chanson « Baby », de Justin Bieber(on) (500 millions de vues sur Youtube, j’hallucine tellement). A chaque fois que j’écoute les paroles, j’ai l’impression que Mister B. a tout vu, tout connu et que tel Charles Aznavour pour « La Bohème », il veut en parler.

We’re just friends
What are you sayin’ ?
Said there’s another as you look right in my eyes
My first love, broke my heart for the first time

And I was like : Baby, baby, baby ohhhh
Baby, baby, baby nooo

Ok, vous vous dîtes que c’est profond, et qu’à côté de ça, les poèmes d’Aragon, c’est de la rigolade chocolat vanillée. Mais finalement, ces paroles de Mister B. ne vous rappellent pas votre passé de jeune et fougeux ado ? (et là, pam ! vous spéculez sur mon âge et vous vous dîtes que j’ai 54 ans minimum). Ben oui souvenez-vous, quand on aime entre 11 et 15 ans, on vit les choses à 200%, de manière folle et passionnée. Les first love (mais le very first love, pas le first love sérieux), surtout quand nous grandissons, nous nous rendons compte à quel point on était pathétiques. Mais ça reste drôle, parce qu’on a tous connu les mêmes étapes.

Le « j’ai vu que ».
Même à notre plus jeune âge, notre cerveau enregistre très facilement ce qu’il voit. Et nous avons nos références culturelles qui prouvent nos théories farfelues. Vous connaissez Helga, la blonde psychotique du dessin animé Hé Arnold ? Elle était complètement raide dingue amoureuse d’un camarade de classe (Arnold, donc) et parce qu’elle avait peur de montrer ses sentiments, elle le maltraîtait, et se cachait derrière les poubelles pour parler (toute seule) de son amour. Alors, directement, si peu qu’un garçon soit méchant avec nous (du genre, nous tirer les cheveux), que nous nous mettons directement à le comparer avec Helga, et que nous tirons la hâtive conclusion que le-dit garçon était raide dingue amoureux de nous.

Pourtant, n’était-il pas venu à notre esprit que le garçon était juste déséquilibré et méchant ? Et plus généralement, que dans les films, les faits, c’est juste pour que l’histoire soit un tantinet plus intéressante ?

L’illusion.
Pire qu’un classique du First Love, c’est une anthologie ! Nous sommes jeunes, totalement inexpérimentées, alors nous n’osons pas faire de premier pas. Ainsi, nous épions les moindres faits et gestes du sujet de notre intérêt. Nous remarquons que « comme par hasard » le garçon nous regarde à chaque fois que nous tournons la tête. Qu’il nous demande « comme par hasard » une gomme alors qu’il aurait pu le faire à une voisine. Qu’il s’enfuit « comme par hasard » quand nous sortons des toilettes. Et en fait, le plus drôle, dans notre tête, c’est que ce « comme par hasard », ce n’est pas du hasard du tout. Nous sommes persuadées que le garçon nous aime parce qu’il fait tous ces trucs. Alors, je ne vous dis pas les films qu’on se fait, quand le garçon se retrouve à côté de nous, au self de la cantine.

Toutefois, n’était-il pas venu à notre esprit qu’il était à côté de nous à la cantine, parce que…il était à côté de nous ? Comme l’aurait pu être Marie, Sophie, la prof d’histoire…enfin, tout le monde. Et en règle général, pouvons-nous aussi nous dire que ce n’était pas notre cerveau qui inventait ces « mais il me regardait », parce que nous avions tellement envie que cela arrive ? Et qu’en réalité, il regardait juste…rien du tout ?

La paralysie (ou la folie).
Il y deux types de jeunes lovers : celui qui ne peut plus respirer quand l’autre vient lui parler, et celui qui veut tellement se faire remarquer par l’autre, qu’il fait complètement n’importe quoi. Pour le premier cas, dès que nous voyons l’être aimé, notre cœur bat à la chamade, on stresse, nous perdons tous nos moyens. Alors, quand le mec nous dit « tu me passes ton crayon ? », alors c’est la panique et on se retrouve à lui donner notre bouteille d’eau. Le deuxième cas, plus problématique, nous agissons plus étrangement que d’habitude, nous parlons fort, nous rigolons comme une forcenée, tout en jetant des petits coups d’œil furtifs du genre « hééé regarde-moi ».  Tout ça parce que ce sont des sentiments tout nouveaux pour nous et parce que nous ne savons pas comment y faire face.

Mais, encore une fois, n’était-il pas venu à notre esprit qu’agir comme une évadée d’asile à la Sucker Punch serait tout simplement nocif quant à l’image que le garçon aurait de nous? Ou le cas contraire, si nous voulions absolument être discrète, quelle chance pouvions-nous avoir pour que ça fonctionne ?

Le vaccin.
En gros, ces premiers amours, c’est toujours un concentré de grand n’importe quoi. Au début, nous en avons terriblement honte. Nous ne voulons pas en parler, ni même y penser. Nous nous disons parfois « ouais, en fait, si j’avais ma maturité d’aujourd’hui, ça aurait pu marcher ». Avec le temps, nous oublions petit à petit, et c’est avec une larme émue que nous pensons à cette période bénie où tout semblait si facile. Nous nous rendons compte enfin que notre attitude folle était normale : après tout, c’est en forgeant qu’on devient forgeron.

Crédits photo : Nickelodeon

 

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