Comprendre ses collègues en 1 leçon

OMG, ça fait tellement longtemps (je vous avoue que je n’ose même pas regarder la date du dernier article). Bwef. Aujourd’hui, nous allons parler de boulot, même si c’est dimanche. Nous somme fin octobre,  les examens sont passés, les sourires sont sur toutes les lèvres, les statuts facebook regorgent de « c’est finiii », il n’y a plus de doutes, vous êtes maintenant un jeune diplômé prêt à l’emploi ! Et les choses s’accélèrent soudainement (en supposant, bien évidemment, que crise il n’en existe, que méfiance des entreprises il n’y a et donc que 97% est le taux d’insertion des jeunes à l’emploi). Le groupe de potes, avec qui vous avez passé vos 5 dernières années d’études supérieures, s’éclate. Il y en a qui ont trouvé un job avec plein de strass à New York, d’autres qui ont préféré prendre du temps pour réfléchir à leur avenir en ouvrant un business de fruits et légumes à Arcachon et il y a vous…jeune padawan, qui avez préféré rester dans la ville lumière, pour être plus pépère.

La vie en entreprise à la Française commence donc ! Et quelle vie ! Tout de suite, vous voilà projeté dans un monde complètement étrange. Où il n’y a aucun sensei pour vous dicter à longueur de journée ce que vous devez faire, où vous gérez vous-même vos tâches, où vous pouvez faire du bruit comme vous voulez (même chanter, tiens !),  et où vous pouvez vaquer en même temps à d’autres occupations. Vous êtes donc dans la personnalisation même de la liberté  ? Nope… je dirais davantage que cela ressemble plutôt à une grande savane, où chacun doit faire du mieux qu’il peut pour survivre. Et pour survivre…, la barrière number one passe par les collègues !

Les collègues sont différents de vos camarades de promo. Bien sûr, vous avez les mêmes tâches (ou niveau de tâches), vous avez des objectifs en commun, mais vous êtes obligés de vous supporter, même si vous vous détestez. Et dans une boîte française classique, on retrouve toujours le même genre de collègue.

La Gossip Girl

C’est qui ? Cette personne, on se demande ce qu’elle fait dans une entreprise, et pourtant on en a déjà connu toute un jour ou l’autre. On a l’impression que l’intérêt de son existence est de nous dire les news sur les gens de la boîte et de faire circuler des rumeurs. On a du mal à croire qu’elle aussi a des tâches et des deadlines à respecter, comme nous. La Gossip Girl, elle est plutôt difficile à déceler au début. Son but étant d’être le mur qui a des oreilles, elle n’est pas non plus la grande fanfaronne. Elle aime vous poser des questions sur vous-même, sur votre journée, vos idées. Et vous, bien évidemment en confiance devant tant de gentillesse, vous vous confiez : « ne vas surtout le dire à personne, mais je prévois de me marier en octobre. Evidemment, je ne vais pas inviter tout le monde du bureau, j’ai un budget limité ». Le lendemain, c’est par la bouche d’une autre que vous entendez « Félicitations Marilou, pour ton mariage ! Il paraît que tu vas faire une fiesta géante à Las Vegas avec tout l’Open Space sur la liste des invités ? ».
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Bahh, si ce sont des ragots inutiles, la Gossip Girl n’est pas dangereuse. Mais son venin risque d’être piquant, si cela affecte vos performances professionnelles. En arrivant aux oreilles du N+2 par exemple.
Comment se protéger contre la Gossip Girl ? C’est simple, il faut en dire le MOINS possible sur vous même. L’entreprise n’est pas cet endroit enchanté où tout le monde chanterait « heal the world ». Il s’agit d’un endroit très compétitif où certaines personnes sont prêtes à tout pour vous dépasser. Et plus important encore, il faut éviter de dire du mal des autres collègues de manière continue – même si c’est tentant – car tout se retourne contre vous après. En gros, c’est le genre de personne à écouter, mais à écouter seulement.

Le comique de service.

C’est qui ? Le comique de service, tout le monde l’adore. Certes, il n’a pas un sex appeal d’enfer, parfois, il est même laid, mais il est drôlissime. Entre deux dossiers, durant la pause, ou en pleine réu’ avec le N+2, il aime glisser une petite blague, une petite remarque drôle, une petite imitation burlesque. Il vous suffit de lui dire « il fait moche aujourd’hui », pour qu’il puisse vous raconter l’histoire du siècle, mettant en scène un parapluie et le journal gratuit Metro. Bref, c’est M. Ambiance, et sans lui, il faut bien le reconnaître, la vie serait encore plus morne qu’une journée de formation à Bloomberg.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Le comique ne sera jamais votre allié. Il est là pour mettre de l’ambiance, mais dès lors qu’il faudra compter sur lui pour travailler en équipe, pour mettre en place un projet ou pour vous aider dans votre dernière cause syndicale…exit le mec. Beaucoup trop sérieux, beaucoup trop polémique pour lui. En fait, le comique n’est pas la personne la plus performante de l’équipe. Mais il sait mettre les supérieurs dans sa poche, avec ses petites blagues et sa vantardise poussée à l’extrême. En comptant sur lui, vous vous retrouverez donc seul, et si tout va bien, il tirera tout le mérite de votre travail.
Comment se protéger contre le comique de service ? Il est important de profiter de sa bonne humeur et rire de ses blagues, pour enjoliver un peu votre journée. Mais dès lors qu’il faut avoir affaire à lui professionnellement (ou même de manière perso), fuyez, et ne vous retournez pas ! Car vous risquerez de tomber de très haut et il regardera avec ignorance les petits morceaux qui resteront de vous.

La miss-je-sais-tout

C’est qui ?  Sûrement la Hermione Granger du monde professionnel. Cette personne – bien souvent une femme – ADORE étaler sa science. Peut être issue d’une famille d’intello-aimant-l’être, ou bien, ayant eu une scolarité de première de la classe, la miss-je-sais-tout passe son temps à vous parler, comme si elle était en plein débat présidentielle. Vous lui demandez un simple « est-ce que tu as vu les Chroniques de Tchernobyl ? », elle va vous répondre « Je ne l’ai pas vu, il ne m’intéresse pas, mais sais-tu qu’en russe on dit Tchernobyl, mais le véritable terme est Tchornobyl, en ukrainien ? ». Le midi, au restaurant de l’entreprise, c’est la personne qui parle le plus, en vous donnant son avis sur un tas de choses, et en vous expliquant un tas de choses. Et les autres écoutent. Même le comique n’a rien à dire face à elle. Et le jour J, où vous savez enfin quelque chose de mieux qu’elle, elle dira un petit « ah booon ? » et détournera habilement la conversation.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Elles sont dangereuses surtout pour les personnes un peu effacées ou discrètes. Elles accaparent toute l’attention sur elle, et peuvent montrer aux chefs ce dont elles sont capables, plus rapidement que les collaborateurs plus simplistes. Et ces-miss-je-sais-tout vont sûrement monter plus vite dans la hiérarchie.
Comment se protéger de la miss-je-sais-tout ? Ne pas baisser les bras et montrer que nous aussi, nous sommes cultivés, que nous aussi, nous maîtrisons notre boulot. Il est vrai que l’ambiance au travail ressemblera vite à un combat de coq en plein été, mais un jour, cette miss-je-sais-tout, en voyant qu’elle a un égal face à elle, se calmera sûrement dans son ardeur.

Le discret

C’est qui ? Homme ou femme, le discret passe plutôt inaperçu, à l’opposé de la miss-je-sais-tout ou du comique de service. Il ne colportera jamais des ragots, ne parlera jamais sur le dos de quelqu’un (sauf s’il a super confiance en vous, et encore), ne participe pas vraiment aux gros débats et surtout, vous ne connaîtrez jamais rien de sa vie privée. Ou du moins, le strict minimum (du genre, l’arrondissement où il vit). Néanmoins, cette personne a un certain charme, car du haut de son silence, il dégage une plénitude ou un mystère. Ou simplement un ennui mortel.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Puisque le discret n’est pas bien bavard, il saura vous écouter attentivement, la tête penchée, et semblera même vous comprendre. Ainsi, vous serez en toute confiance, et vous vous livrerez à fond. Méfiance ! Le discret, même s’il ne dit mot, pourra ressortir ce que vous aviez dit un jour, pour son propre intérêt. Il pourra même apprendre lui-même de vos erreurs, et apparaître encore plus fresh et compétent face à la direction, par rapport à vous. Le but du discret n’étant pas de vous discréditer bien sûr (yeees, admirez le jeu de mot), mais plutôt de lui permettre d’avancer en toute impunité et efficacité.
Comment se protéger du discret ? Ne tombez pas dans son piège, ne soyez pas charmée par ses grands yeux doux ou son sourire enjoleur…Encore une fois, dîtes-en le minimum sur vous-même et essayez de le faire parler aussi. Car posséder le secret d’un discret, c’est comme posséder le Précieux.

Le séducteur

C’est qui ? Sûrement un des mecs les plus sexy de la boîte. Dès le premier jour de votre arrivée, alors que les autres étaient encore distants à votre égard, lui a su vous parler. Avec une voix suave, un regard de braise et un sourire au coin, il s’intéresse à ce que vous faîtes dans le cadre privé et n’hésite pas à vous poser des questions. Bref, un vrai Ryan Gosling dans Crazy Stupid Love. Et devant tant d’expertise, vous êtes genre « whaou » et attendez souvent avec impatience les réu’ du dossier Gamma, pour pouvoir lui parler personnellement.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Pour beaucoup de raisons. Parce que le mec est juste un séducteur naturel, et à la vue d’une femme, il se met à papillonner. Mais il ne faut pas oublier que vous êtes dans un univers professionnel, et donc compétitif, où il ne faut pas laisser un flirt de bureau tâcher vos performances et votre discernement. Surtout que le mec passera à autre chose dès que la future nouvelle stagiaire de 21 ans, sosie de Blake Lively, arrivera.
Comment se protéger du séducteur ? Le laisser papillonner autour de vous (parce que oui, ça procure un certain plaisir de voir un homme vous traîter de manière différente), tout en lui faisant comprendre au final, que vous êtes insensibles à tant de spectacles, et que vous êtes très heureuse avec votre Homme (même si vous n’en avez pas). Il s’éloignera avec douceur.

Connaître ses collègues n’est donc pas une mince affaire, et est peut être même une affaire encore plus compliquée que « connaître ses profs » ou, pour ceux dont l’école semble trop loin, « connaître son maraîcher » (comment ça, vous ne cherchez pas à en savoir un peu plus sur cette bonne femme qui vous vend des tomates made in Espagne ?). Mais connaître à quel type de personne on est contraint de coexister, le but ici, est déjà un très bon début, dans votre quête de la sérénité au boulot.

Sur ce, à très vite 😉

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WeddingS : le kit de survie.

Non non, ce n’est pas parce que nous avions regardé le mariage du siècle de William et Kate, vendredi, sur France 2 (pour ma part ^^), que je vais vous parler de ça. Non, en fait, cette idée me trottait dans la tête un moment. Et bizarrement, le mariage du siècle (encore), m’a fait rappelé que…

Bon alors, vous êtes comme moi, la vingtaine passée (ou plus). Vous avez remarqué ce fameux phénomène ? On ne parle que de mariage autour du vous. Ou du moins, on commence à en parler, après un long temps mort (oui, la dernière à s’être mariée, c’était Tatie Germaine, en 1998). Vous regardez votre agenda, et vos samedis sont overbookés, à partir du 30 avril. D’abord, il y a votre cousine Lucie. Hourra, un mariage qui ressemblera à une grosse réunion de famille ! Vous avez hâte, en plus, il paraît qu’il y aura le cousin Edouardo qui vient d’Ecuador et que vous avez aperçu pour la dernière fois en 1990. Puis, deux semaines plus tard, c’est le tour votre meilleur ami du lycée, Antoine. De bonnes retrouvailles entre potes en perspectives, et puis ça sera l’occasion pour vous de dire « regarde ce que je suis devenu, MOI » (et par la même, regarder la tête déconfite de Paulette, qui galère bien en ce moment *rhaaaa, Dieu que vous la détestez, celle-là*). Quelques samedis plus tard, c’est votre amie de maternelle Isis, qui s’y colle (retrouvée il y a un an, sur FB). Bon, on vous a un peu forcé la main pour cette occasion, parce que, non vraiment, la maternelle, c’est pas que c’est oublié mais…Et ainsi de suite. Résultat, en août, vous êtes dans un état de manque de vacances extrême et vous êtes fauché. Vous avez même la fâcheuse impression que votre vie, elle est en fait super plate, face à tout ce bonheur. Mais il est quand même possible, chers invités, de s’en sortir plutôt indemne de cette épreuve.

La choix aux chapeaux.
Un peu comme les invités du mariage royal, je suis une fervente du couvre-chef. Je trouve que c’est un peu THE accessoire incontournable. Seulement voilà. C’est bien beau d’avoir un chapeau de fou et un tantinet laid, comme la Princesse Béatrice, mais c’est un peu de l’argent jeté por la ventana, parce que sérieusement, vous vous voyez, vous, vous baladez à la plage avec ça sur la tête ?

Solution : troquer les chapeaux serre-tête. Vous en achetez 4, vous savez que d’ici quelques temps, vous pourrez les réadapter à votre tenue, sans trop de soucis. Bon, ça ne se trouve pas non plus partout. Si vous en avez l’opportunité ou la possibilité, direction Londres, et allez dans le sous-sol du Camden Lock, et vous aurez des tas de faux chapeaux magnifiques. Sinon,  un petit tour sur les sites British (Asos, Topshop…) et le tour est joué ! (en fait, je remarque que c’est très british ce phénomène du chapeau).

La tenue parfaite.
Avec cette histoire de chapeau, vous êtes un peu ruinés.  Et pourtant, les regards seront aux aguets (pensez à cette pimbêche de Paulette, qui vous attend au tournant). Il faudra être au top du top. Je sais ce que vous vous dîtes. Top du top une fois, d’accord. Mais top du top tous les week end de la saison printanière et estivale, euh…bof quoi.

Solution : choisir les tenues portables. Je sais, vous avez toujours rêvé de vous habiller comme Anna Dello Russo à un bal masqué de Vogue (cf image ci-dessus), pour vous faire remarquer. Mais avec cet amas de mariages, c’est le pire plan qui soit. Alors, l’idéal, ce serait de s’habiller avec des tenues qu’on pourra porter dans d’autres occasions et même, dans la vie de tous les jours (au boulot, notamment). Le tout accompagné d’une pochette matelassée Chanel…louée grâce à Internet pour le Week End. Après, si c’est le mariage de quelqu’un de trèèèès important, vous pouvez toujours mettre une tenue très spéciale. Mais dans ce cas là seulement, ce serait intéressant à mon sens.

Le compromis du cadeau.
Le cadeau de mariage, mais le cadeau de mariage, quoi ! Tantôt, vous avez les « faciles à vivre », qui vous proposent de donner de l’argent à leur agence de voyage afin de financer leur lune de miel à Bora Bora. Le truc c’est que si vous ne donnez pas 200 euros, comme tout le monde, vous serez hyper humilié. Et tantôt vous avez les « super-boring », qui vous donnent le libre choix (ou qui ont oublié de déposer une liste de mariage quelque part). Vous avez déjà en vue cette machine à café Senseo, qui semble perfecto pour un jeune couple. Le problème, c’est que Marie vous a dit que cinq autres invités avaient déjà acheté la même chose. Zut.

Solution : Prévoir. Ok, vous n’aviez pas pu prévoir que vous alliez assister à sept mariages, cette année, mais par chance, vous pourrez le faire pour l’an prochain. Alors prévoir signifie, tout préparer. D’abord, d’un côté, l’enveloppe où vous versez des sous petit à petit, dans le but d’avoir une belle cagnote dans laquelle puiser, en été. Et de l’autre, sautez, quand l’occasion se présente. Ce sont les soldes, et vous allez chez Geneviève Lethu, où vous voyez ce fa-bu-leux service à thé à -70%. Il ne vous intéresse pas du tout. Mais il y aura bien quelqu’un d’autre qui le voudra pour un mariage (ou au pire, une autre occasion); Et hop, c’est dans la pocket !

Le régime.
Le truc avec les mariages, c’est que les mariés entrent en compétition pour le qui-va-gaver-le-mieux. Foie gras, saumon, pâtisseries en tout genre…tous les aliments gras sont là. Et au risque de passer pour l’anorexique de service (ou la moi-je de service), vous ne pouvez pas refuser tout ça et grignoter un batonnet de carotte toute la soirée.

Solution : choisir sagement. Ok, vous allez prendre un bout de ce foie gras, mais l’apéro, vous n’y toucherez certainement pas. Quant au gâteau, une part modeste suffit. Et si ça dépasse encore, diet le lendemain.

Démotivation.
Sincèrement, vos amis/votre famille, vous les aimez. Mais dieu que c’est dur de voir tout ce bonheur et de savoir que tout ça, ce n’est pas vous. Et que vous, en fait, vous attendez encore et que la lune de miel à Bora Bora, c’est pas pour tout de suite. C’est très égoïste, mais c’est humain. Et du bonheur, il y en aura. Alors, vous avez peur qu’un jour, vous lâchez un soupire désespéré en pleine messe de mariage qui fera croire aux gens que vous êtes pathétique.

Solution : Se dire qu’à votre mariage à VOUS, ça sera vingt fois mieux. Vous avez franchement trouvé le DJ de chez Antoine ringard. Pour vous, ça sera un orchestre, et toc ! Et puis, la robe de Lucie. Sérieux, du sur-mesure de chez Pronuptia ? Qu’importe, pour vous, ça sera Vera Wang ou rien. Ok, vous êtes conscient que vos méchantes espérances ne vont peut être pas aboutir, mais Dieu que ça fait du bien de se dire que nous on attend peut être, mais ça sera mieux, à 10 puissance 4.

Vous l’aurez compris, cette saison des mariages s’annonce hard and complicated. Mais en même temps, je la trouve chouette cette période où tout le monde se marie. Bien plus sympa que la période des enterrements (car oui, elle arrive aussi, elle).

Crédits photo : Ok Magazine, Popbee.com, Getty image

Cure de défranglai-isation

(la prochaine fois,  cure de « dénéologism-isation », promis).

Vous avez remarqué ce fameux phénomène qui sévit dans tous les réseaux sociaux ou blogs ? (bon, on va se limiter à la Toile, hein). Oui, c’est bien ça. Je parle de ces gens qui s’expriment soit totalement en anglais, soit en hachis parmentier de canard (le mélange des deux langues, quoi). Ok, il y a de la mauvaise foi dans l’air, moi aussi j’use et abuse du franglais. Même mon précédent article sur la malédiction du Laptop le montre.

Cependant, je sais que je ne suis pas la seule qui souffre de cette maladie littéraire. Alors, je vous propose de suivre la cure que je subis actuellement.

Etape 1 : identifier les problèmes
Comme pour toutes les cures de désintox,  il est important de savoir pourquoi nous sommes là. Que se passe-t-il exactly exactement ? Mais pourquoi donc s’acharner à adopter la langue de Shakespeare, quitte à massacrer la sienne ? Parce que parler en alternant 2 langues vivantes, c’est So 2011. Parce qu’on a arrêté de zieuter les séries en VF mal doublées sur M6, on regarde chaque nouvel épisode chaque semaine, en VOSTFR (ou VO pour les courageux). Et parce qu’on trouve que ça fait joli de se la jouer bilingue-pour-un-sous.

Vous trouvez que c’est bien, vous, cet usage du franglais ? Ca dépend de l’usage, je dirais. Parce que trop de franglais tue le franglais. J’ai des amis sur FB, dans le genre super complexé, qui n’écrivent qu’en anglais sur leur mur. Vous avez beau leur dire « alors, ça était le partiel de finance ? », ils vont vous répondre « Honey, that was aaaawful », plutôt que de dire « non mais attend, c’était trop dur quoi. ».  Toutefois, ça devient plus drôle (enfin, méchamment risible) quand la personne s’y croit tellement, qu’elle oublie qu’elle a fait une grosse faute d’ortographe qui prouve qu’elle n’est pas bilingue du tout. Genre : « Well…I don’t think. ». Et le « so », tu le mets où ???

Et l’usage du franglais en hachis parmentier de canard, à la Jean-Claude Vandamme, ça aussi c’est terrible, parce que ça foire parfaitement le sens de la phrase. Par exemple, toujours après ma question de tout à l’heure, le franglais en hachis parmentier de canard serait « Oh dear, me parle pas de ça. J’étais mais complètement lost, mais genre upset quoi, le crazy sujet qu’on a eu, omgbg, je te dis pas. You know what I mean ? » Et là, vous avez trop envie de lui dire « non ».

Etape 2 : Exécuter le traitement proposé.
A toute bonne cure, un bon traîtement.
Le spécialiste vous prescrit d’abord une bonne dose de Proust. Vous savez ? Le genre « vraie littérature française ». Hop, vous filez à la bibliothèque emprunter A l’ombre des jeunes filles en fleur (et faire une carte d’emprunteur en même temps). Vous vous installez confortablement dans votre lit, un paquet de gâteaux à côté, vous commencez la première page, la deuxième page mais vous somnolez un peu à la dixième, parce que honnêtement, en tant qu’habituée de « Chick Lit », vous n’avez pas bien compris de quoi il était question depuis le début. Et tiens…une copine vous appelle pour parler de son ex qui n’arrête pas de la harceler. Well, en bonne amie, vous DEVEZ aller la voir pour en parler. Allez, pause, vous recommencerez ce soir. Seulement, vous vous dîtes ça tous les soirs. Et quelques semaines plus tard, vous êtes obligée de rendre ce fichu bouquin à la bibli. Déçue devant si peu de résultats, vous revenez vers votre spécialiste.
Il vous conseille alors de vous incruster dans les lectures cours d’amphi des facs de lettres. De préférence, un cours qui parle de littérature française. Positive et gonflée à bloc, vous vous dîtes qu’en plus vous rencontrerez un tas de beaux mecs. Vous filez donc avec grâce à la fac de Lettres de votre ville. Bizarre, il n’y a personne. Ah si, quand même une vingtaine de personnes arrive maintenant. Enfin, genre 18 filles et 2 garçons (bye, le projet de rencontre des beaux mecs). Le prof commence, il parle d’une princesse qui vient de Clèves. Tiens, ça a l’air intéressant ! La pauvre quand même, à être obligée de vivre avec l’homme qu’elle n’aime pas à cause de sa stupide défunte mère. Vous demandez discrètement à votre voisine de table : « c’était qui déjà la Princesse de Clèves ? C’était pas la maîtresse de Napoléon ? ». Celle-ci vous regarde d’un air désolé et répond « c’est un personnage d’un livre…t’es pas d’ici, toi, non ? ». Dammit grillée. Un peu honteuse devant si peu de culture, vous répondez méchamment « et toi, tu sais quelles sont les 5 forces de Porter au moins ? » et vous quittez l’amphi pour retrouver encore une votre médecin.
Le spécialiste devient un peu crazy dingo, parce que ses méthodes, ben, elles ne marchent pas. Il vous conseille une dernière chose : vous pincer le bras à chaque fois que vous direz un mot anglais dans une phrase. C’est ça. Et tomber dans la scarification en sus ? Non merci. Vous le remerciez gentiment et sortez, en pensant que vous veniez de gâcher une belle somme pour un pseudo-médecin (bien que les pseudo-quelque chose ne soient pas toujours nuls. Cf. le film Le discours d’un Roi).
Vous cherchez une solution et soudainement, illumination !

Etape 3 : la reprise de soi.
En fait,  vous vous rendez compte d’une petite vérité. Et c’est peut être pour ça que votre pseudo-médecin était génialissime en fin de compte.
En réalité, le franglais en hachis parmentier de canard peut être bien aussi, quand c’est tempéré. Il nous permettrait de faire couler une phrase plus facilement, plus joliment, et ça ferait plus cool pour le lectorat (genre!). Plutôt que de répondre « Well I don’t think » (et risquer le discrédit à vie) ou « j’étais complètement lost, mais genre upset quoi, le crazy sujet qu’on a eu, omgbg, je te dis pas…. » (et risquer d’être qualifié de prétentieux), un simple « C’était dur, j’avoue ! Alors, on bosse la compta tonight ?  » sonne plutôt bien.

Etape 4 : la leçon que vous avez apprise.
Le franglais, on ne peut s’y détacher complètement (noooon, membres de l’académie française, ne partez pas !!), c’est comme les séries. A l’heure de la mondialisation (et même avant), on ne regarde pas uniquement PBLV, on regarde aussi Glee. Et on ne mange pas que du magret de canard aux noix (miam mioum) avec des pommes vapeurs, on mange aussi des chimichangas épicées avec un cheesecake en dessert. Alors, s’il faut utiliser une autre langue de façon trèès modérée pour sublimer votre langage, moi je dis why not.