Wii fit.

Je parcourais ce que j’appelle le « Net people », comme toutes les semaines. Le « Net People », c’est un peu mon camaïeu de sites Internet exclusivement dédiés aux potins hollywoodiens (de L.A mais pas que !), qui vont de l’officiel « Voici » au très underground « Perez Hilton », en passant par le nimportenawak « Pipole.net ». Je sais, ce n’est pas une démarche très intellectuelle, mais la culture ne s’arrête pas à l’acte de lire « Telos »…non ? Ok, je m’égare. Bref, je me baladais donc sur ces sites là l’autre jour, et j’étais tombée sur un avant/après de Raven Symoné, celle qui jouait dans « Phénomène Raven », il y a très longtemps de cela (et dans d’autres films).

Même si vous ne connaissiez pas l’actrice, vous êtes speechless…comme moi. Après quelques recherches, j’ai découvert qu’elle avait perdu le tout, assez naturellement, avec un coach perso. Facile, avec l’argent (et le temps ?). Ce phénomène est loin d’être isolé. En fait, c’est un peu THE tendance à Hollywood. Etre bien dans sa peau ou dans le regard des autres ? La réponse est facile, et les people s’arrachent les méthodes de ouf pour tout perdre en deux temps trois mouvements. Les sceptiques diront « c’est Hollywood », mais moi, je dirais que c’est plus généralisé.

Culte de la beauté à sens unique.

A Hollywood comme ailleurs, il est difficile de s’imposer quelque part, sans être dans « la norme ». Cette norme que la société s’est créée, sans vraiment faire gaffe, et qui a évolué avec le temps. Il n’y a pas si longtemps, au milieu du XXème siècle, la Belle femme était celle qui avait des courbes, des rondeurs. D’ailleurs, l’icône de la beauté n’était-elle pas Marylin Monroe, qui au passage, faisait du 44 ? Au fil des années, cette tendance s’efface et laisse entrer une autre image de la beauté. La minceur. Et 2011 est dans la tendance « minceur extrême ». La beauté joviale, sulfureuse de Marylin laisse place à une beauté plus terne, froide, limite asexuée, des mannequins de chez Chanel (que j’ai trouvé personnellement choquantes, lors de la dernière Fashion Week). En comparant, vous avez l’impression que c’est une bien mauvaise idée, qu’on régresse. Certes, mais en attendant, personne ne fait d’effort pour inverser la donne de manière catégorique. Raven, il y a encore quelques temps, avait dit haut et fort que ses courbes faisaient parties d’elle-même et qu’elle ne changerait rien. Des paroles courageuses, mais si la société détruit ce courage, alors où puiser une autre force ? Ainsi, la voilà aujourd’hui, 40kg en moins, et visiblement heureuse. Logique, quand vous y pensez. C’est triste à dire, mais vous imaginez, vous, Gabourey Sidibe dans le rôle de Nina dans Black Swann, à la place de Natalie Portman? (ok, c’est l’exemple le plus nul du monde). La réponse est : bien sûr que non. Même si Gabourey était la meilleure des danseuses étoiles (oui, bon, une des règles de la danse classique c’est d’être légère mais enfin…), on se sentirait un peu mal à l’aise en la voyant sautiller en tutu. C’est terrible, c’est honteux, une telle pensée, mais c’est le signe des temps modernes. Devant une telle fatalité, des gens comme Raven préfèrent donc outrepasser leur précédente fierté et redevenir comme les autres.

Des normes poussées à l’extrême.

Raven a perdu du poids pour être « dans la norme », mais il y a ceux qui perdent du poids pour être « au delà de la norme », dans le but d’être plus belle que belle. Mais de nos jours, « au delà de la norme » signifie clairement être encore plus mince. Je n’ai jamais été dans ce cas, mais je pense que c’est de là que naissent certaines maladies, comme l’anorexie. Mais alors, pourquoi donc devenir plus mince (=belle) que mince (=belle), alors qu’on était déjà bien (=mince), avant ? Ce phénomène encore une fois est analysé chez les people. Ils ont déjà pas mal de choses matérielles, comme l’argent et le confort. Certaines veulent être au top, comme Nicole Richie (cf. photo ci-dessus). Ils étaient partis pour perdre quelques kilos, et tant qu’à être lancés, ils y vont jusqu’au bout. Parce que dans leur tête, au bout du chemin, il y aura un halo de lumière qui leur dira « vous êtes parfaite, maintenant ». Bien souvent, cette lumière se confond avec la célèbre « lumière au bout du tunnel » en fin de vie, me diriez-vous .

Le graal mercatique.


Ce culte de la maigreur, sachons-le, est utilisé, exploité par certaines entreprises. Quand bien même on se met à rêver du corps de Gisele Bundchën, une entreprise va faire en sorte de vouloir exaucer nos voeux. Il y a les versions « louches », tout d’abord, celles où il faut ajouter des nutriments supplémentaires à notre quotidien. Le genre pilule amaigrissantes aux herbes du Tibet de M6 Boutique. Pour 250 euros les 4 boîtes, et à raison de 6 boîtes par semaine, promis, vous perdrez 4kg. Et vous les reprendrez sûrement quelques semaines plus tard. Mais il y a aussi les versions plus légales qui vont des conseils soit disant de ouf-dingue de médecins et le petit remède miracle à la clé qui consiste à convertir notre bouffe en points, contre un petit abonnement mensuel évidemment. Il y a même des versions ludiques de l’amaigrissement, comme certains jeux vidéos très élaborés, qui nous servent de coach perso (et on peut même danser !). Contre compensation financière, il en va sans dire (sauf si vous êtes un pro du crackage comme mon oncle qui a réussi à mettre des jeux à volonté sur la console de ses enfants – l’exemple de bonne conduite, je vous dis pas).

Le Raven Case m’a donc mis un peu la puce à l’oreille sur ce phénomène. Le culte de la maigreur est-il devenu important à ce point ? Bon, je le reconnais, il y a des gens à qui ça peut faire du bien de maigrir (pour la santé), du genre Kelly Osbourne. Mais ceux qui poussent cette maigreur à l’extrême, et pire ceux qui l’utilisent de manière lucrative, c’est beaucoup moins classy. Ceci dit, je ne pense pas non plus que le culte de l’obésité soit l’idéal =D. A quand le juste milieu ?