Comprendre ses collègues en 1 leçon

OMG, ça fait tellement longtemps (je vous avoue que je n’ose même pas regarder la date du dernier article). Bwef. Aujourd’hui, nous allons parler de boulot, même si c’est dimanche. Nous somme fin octobre,  les examens sont passés, les sourires sont sur toutes les lèvres, les statuts facebook regorgent de « c’est finiii », il n’y a plus de doutes, vous êtes maintenant un jeune diplômé prêt à l’emploi ! Et les choses s’accélèrent soudainement (en supposant, bien évidemment, que crise il n’en existe, que méfiance des entreprises il n’y a et donc que 97% est le taux d’insertion des jeunes à l’emploi). Le groupe de potes, avec qui vous avez passé vos 5 dernières années d’études supérieures, s’éclate. Il y en a qui ont trouvé un job avec plein de strass à New York, d’autres qui ont préféré prendre du temps pour réfléchir à leur avenir en ouvrant un business de fruits et légumes à Arcachon et il y a vous…jeune padawan, qui avez préféré rester dans la ville lumière, pour être plus pépère.

La vie en entreprise à la Française commence donc ! Et quelle vie ! Tout de suite, vous voilà projeté dans un monde complètement étrange. Où il n’y a aucun sensei pour vous dicter à longueur de journée ce que vous devez faire, où vous gérez vous-même vos tâches, où vous pouvez faire du bruit comme vous voulez (même chanter, tiens !),  et où vous pouvez vaquer en même temps à d’autres occupations. Vous êtes donc dans la personnalisation même de la liberté  ? Nope… je dirais davantage que cela ressemble plutôt à une grande savane, où chacun doit faire du mieux qu’il peut pour survivre. Et pour survivre…, la barrière number one passe par les collègues !

Les collègues sont différents de vos camarades de promo. Bien sûr, vous avez les mêmes tâches (ou niveau de tâches), vous avez des objectifs en commun, mais vous êtes obligés de vous supporter, même si vous vous détestez. Et dans une boîte française classique, on retrouve toujours le même genre de collègue.

La Gossip Girl

C’est qui ? Cette personne, on se demande ce qu’elle fait dans une entreprise, et pourtant on en a déjà connu toute un jour ou l’autre. On a l’impression que l’intérêt de son existence est de nous dire les news sur les gens de la boîte et de faire circuler des rumeurs. On a du mal à croire qu’elle aussi a des tâches et des deadlines à respecter, comme nous. La Gossip Girl, elle est plutôt difficile à déceler au début. Son but étant d’être le mur qui a des oreilles, elle n’est pas non plus la grande fanfaronne. Elle aime vous poser des questions sur vous-même, sur votre journée, vos idées. Et vous, bien évidemment en confiance devant tant de gentillesse, vous vous confiez : « ne vas surtout le dire à personne, mais je prévois de me marier en octobre. Evidemment, je ne vais pas inviter tout le monde du bureau, j’ai un budget limité ». Le lendemain, c’est par la bouche d’une autre que vous entendez « Félicitations Marilou, pour ton mariage ! Il paraît que tu vas faire une fiesta géante à Las Vegas avec tout l’Open Space sur la liste des invités ? ».
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Bahh, si ce sont des ragots inutiles, la Gossip Girl n’est pas dangereuse. Mais son venin risque d’être piquant, si cela affecte vos performances professionnelles. En arrivant aux oreilles du N+2 par exemple.
Comment se protéger contre la Gossip Girl ? C’est simple, il faut en dire le MOINS possible sur vous même. L’entreprise n’est pas cet endroit enchanté où tout le monde chanterait « heal the world ». Il s’agit d’un endroit très compétitif où certaines personnes sont prêtes à tout pour vous dépasser. Et plus important encore, il faut éviter de dire du mal des autres collègues de manière continue – même si c’est tentant – car tout se retourne contre vous après. En gros, c’est le genre de personne à écouter, mais à écouter seulement.

Le comique de service.

C’est qui ? Le comique de service, tout le monde l’adore. Certes, il n’a pas un sex appeal d’enfer, parfois, il est même laid, mais il est drôlissime. Entre deux dossiers, durant la pause, ou en pleine réu’ avec le N+2, il aime glisser une petite blague, une petite remarque drôle, une petite imitation burlesque. Il vous suffit de lui dire « il fait moche aujourd’hui », pour qu’il puisse vous raconter l’histoire du siècle, mettant en scène un parapluie et le journal gratuit Metro. Bref, c’est M. Ambiance, et sans lui, il faut bien le reconnaître, la vie serait encore plus morne qu’une journée de formation à Bloomberg.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Le comique ne sera jamais votre allié. Il est là pour mettre de l’ambiance, mais dès lors qu’il faudra compter sur lui pour travailler en équipe, pour mettre en place un projet ou pour vous aider dans votre dernière cause syndicale…exit le mec. Beaucoup trop sérieux, beaucoup trop polémique pour lui. En fait, le comique n’est pas la personne la plus performante de l’équipe. Mais il sait mettre les supérieurs dans sa poche, avec ses petites blagues et sa vantardise poussée à l’extrême. En comptant sur lui, vous vous retrouverez donc seul, et si tout va bien, il tirera tout le mérite de votre travail.
Comment se protéger contre le comique de service ? Il est important de profiter de sa bonne humeur et rire de ses blagues, pour enjoliver un peu votre journée. Mais dès lors qu’il faut avoir affaire à lui professionnellement (ou même de manière perso), fuyez, et ne vous retournez pas ! Car vous risquerez de tomber de très haut et il regardera avec ignorance les petits morceaux qui resteront de vous.

La miss-je-sais-tout

C’est qui ?  Sûrement la Hermione Granger du monde professionnel. Cette personne – bien souvent une femme – ADORE étaler sa science. Peut être issue d’une famille d’intello-aimant-l’être, ou bien, ayant eu une scolarité de première de la classe, la miss-je-sais-tout passe son temps à vous parler, comme si elle était en plein débat présidentielle. Vous lui demandez un simple « est-ce que tu as vu les Chroniques de Tchernobyl ? », elle va vous répondre « Je ne l’ai pas vu, il ne m’intéresse pas, mais sais-tu qu’en russe on dit Tchernobyl, mais le véritable terme est Tchornobyl, en ukrainien ? ». Le midi, au restaurant de l’entreprise, c’est la personne qui parle le plus, en vous donnant son avis sur un tas de choses, et en vous expliquant un tas de choses. Et les autres écoutent. Même le comique n’a rien à dire face à elle. Et le jour J, où vous savez enfin quelque chose de mieux qu’elle, elle dira un petit « ah booon ? » et détournera habilement la conversation.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Elles sont dangereuses surtout pour les personnes un peu effacées ou discrètes. Elles accaparent toute l’attention sur elle, et peuvent montrer aux chefs ce dont elles sont capables, plus rapidement que les collaborateurs plus simplistes. Et ces-miss-je-sais-tout vont sûrement monter plus vite dans la hiérarchie.
Comment se protéger de la miss-je-sais-tout ? Ne pas baisser les bras et montrer que nous aussi, nous sommes cultivés, que nous aussi, nous maîtrisons notre boulot. Il est vrai que l’ambiance au travail ressemblera vite à un combat de coq en plein été, mais un jour, cette miss-je-sais-tout, en voyant qu’elle a un égal face à elle, se calmera sûrement dans son ardeur.

Le discret

C’est qui ? Homme ou femme, le discret passe plutôt inaperçu, à l’opposé de la miss-je-sais-tout ou du comique de service. Il ne colportera jamais des ragots, ne parlera jamais sur le dos de quelqu’un (sauf s’il a super confiance en vous, et encore), ne participe pas vraiment aux gros débats et surtout, vous ne connaîtrez jamais rien de sa vie privée. Ou du moins, le strict minimum (du genre, l’arrondissement où il vit). Néanmoins, cette personne a un certain charme, car du haut de son silence, il dégage une plénitude ou un mystère. Ou simplement un ennui mortel.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Puisque le discret n’est pas bien bavard, il saura vous écouter attentivement, la tête penchée, et semblera même vous comprendre. Ainsi, vous serez en toute confiance, et vous vous livrerez à fond. Méfiance ! Le discret, même s’il ne dit mot, pourra ressortir ce que vous aviez dit un jour, pour son propre intérêt. Il pourra même apprendre lui-même de vos erreurs, et apparaître encore plus fresh et compétent face à la direction, par rapport à vous. Le but du discret n’étant pas de vous discréditer bien sûr (yeees, admirez le jeu de mot), mais plutôt de lui permettre d’avancer en toute impunité et efficacité.
Comment se protéger du discret ? Ne tombez pas dans son piège, ne soyez pas charmée par ses grands yeux doux ou son sourire enjoleur…Encore une fois, dîtes-en le minimum sur vous-même et essayez de le faire parler aussi. Car posséder le secret d’un discret, c’est comme posséder le Précieux.

Le séducteur

C’est qui ? Sûrement un des mecs les plus sexy de la boîte. Dès le premier jour de votre arrivée, alors que les autres étaient encore distants à votre égard, lui a su vous parler. Avec une voix suave, un regard de braise et un sourire au coin, il s’intéresse à ce que vous faîtes dans le cadre privé et n’hésite pas à vous poser des questions. Bref, un vrai Ryan Gosling dans Crazy Stupid Love. Et devant tant d’expertise, vous êtes genre « whaou » et attendez souvent avec impatience les réu’ du dossier Gamma, pour pouvoir lui parler personnellement.
Pourquoi faut-il s’en méfier ? Pour beaucoup de raisons. Parce que le mec est juste un séducteur naturel, et à la vue d’une femme, il se met à papillonner. Mais il ne faut pas oublier que vous êtes dans un univers professionnel, et donc compétitif, où il ne faut pas laisser un flirt de bureau tâcher vos performances et votre discernement. Surtout que le mec passera à autre chose dès que la future nouvelle stagiaire de 21 ans, sosie de Blake Lively, arrivera.
Comment se protéger du séducteur ? Le laisser papillonner autour de vous (parce que oui, ça procure un certain plaisir de voir un homme vous traîter de manière différente), tout en lui faisant comprendre au final, que vous êtes insensibles à tant de spectacles, et que vous êtes très heureuse avec votre Homme (même si vous n’en avez pas). Il s’éloignera avec douceur.

Connaître ses collègues n’est donc pas une mince affaire, et est peut être même une affaire encore plus compliquée que « connaître ses profs » ou, pour ceux dont l’école semble trop loin, « connaître son maraîcher » (comment ça, vous ne cherchez pas à en savoir un peu plus sur cette bonne femme qui vous vend des tomates made in Espagne ?). Mais connaître à quel type de personne on est contraint de coexister, le but ici, est déjà un très bon début, dans votre quête de la sérénité au boulot.

Sur ce, à très vite 😉